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Après avoir visionné le documentaire « Sommes-nous faits pour courir » produit et réalisé par l’anthropologue Niobe Thompson, on n’a qu’une envie, c’est de sortir de chez soi et de se mettre à enchaîner les kilomètres pour tester ses capacités physiques et surtout de courir pieds nus.

Je reviens dans cet article sur les principaux enseignements des travaux du professeur Lieberman et sur l’évolution qui a façonné l’homme pour en faire une vraie machine à courir de longues distances.

 

L’homme chassait en courant après les animaux

 

L’objectif n’était pas de rattraper les animaux, les quadrupèdes sont beaucoup plus rapides que nous et il nous est impossible de rivaliser en vitesse. En revanche, l’homme excelle en course de fond qui lui permettait de chasser avant même d’avoir développé des outils complexes.

Appelée chasse à l’épuisement, celle-ci comporte plusieurs étapes :

– L’homme court à une vitesse suffisante pour faire galoper un animal ;
– Quand l’homme se refroidit en transpirant, l’animal le fait en haletant. Avec ses 2 à 5 millions de glandes sudoripares, l’homme bénéficie d’un meilleur système de refroidissement que les quadrupèdes, mais ce n’est pas tout ;
– Les quadrupèdes ne peuvent pas haleter et donc se refroidir lorsqu’ils galopent ;
– Après de longues minutes/heures de courses, l’animal en hyperthermie est obligé de stopper sa course, il ne peut plus bouger. L’homme peut facilement le tuer sans utiliser d’outils sophistiqués.
Le documentaire montre une des dernières séquences de chasse à l’épuisement réalisée par des bushmen dans les années 80 en Namibie.

 

Le corps humain, une machine optimisée pour la course à pied

 

Lieberman énonce certaines caractéristiques biomécaniques propres à l’être humain dont la seule utilité est de nous rendre plus performant lors de la course :
– Les doigts de pieds courts nous permettent de courir, des doigts de pieds longs comme chez les grands singes seraient un handicap
– La voute plantaire en forme d’arche agit comme un ressort en absorbant l’énergie des chocs qu’elle restitue lors de l’extension (17 % de l’énergie mécanique du corps qui frappe le sol est stockée puis restituée par ce seul ressort)
– Le tendon d’achille stocke et restitue lui 35 % de l’énergie mécanique
– Le muscle grand fessier travaille principalement pendant la course pour stabiliser le buste et le maintenir droit
– Le ligament nucale retient la tête via muscle relié aux épaules, celle-ci a tendance à partir en avant durant la course

Les découvertes de Lieberman, le documentaire ainsi que la sortie du livre Born to Run de Christopher MacDougall ont démocratisé la pratique d’une course plus naturelle, sur l’avant du pied ainsi que de la pratique du minimalisme et du barefoot running.

 

Le documentaire

 

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